Spiritualité labrienne - fraterstbenoitlabre

Aller au contenu

Menu principal

Spiritualité labrienne

"Dès la petite enfance, attiré par la beauté de Dieu, Benoît-Joseph sut qu’il était convoqué au désert, appelé à rejoindre un espace indéfini où lui serait dévoilé Son Visage"… appelé au "renoncement à soi-même en vue d’un don sans réserve, l’ascèse d’une vie dédiée à un « plus grand Amour » et l’immersion dans la tradition la plus vénérable du christianisme...   

"Mon désir, c’est le désert"... Il ne veut pas s’isoler mais simplement prendre le recul nécessaire pour ne pas être emporté par les vagues et les pressions de son temps. 


Vulnérabilité des êtres et des choses ;
des idées et des sentiments.
Vulnérabilité de tout ce qui est sous le soleil :
faiblesse et fragilité de la créature,
gloire de son Créateur. (1)

***

Etre aux côtés de ceux qui sont enfermés, aller au delà  des murailles que l'autre élève...
Epousant, aux côtés du Christ, la cause des exclus, des méjugés, des oppressés, des oubliés, il se fait leur ami. Non pas de l'extérieur, mais en les rejoignant à l'intérieur de leur drame..."(2)

"Dieu vous veut ailleurs"  lui dira-t-on à son départ de l'Abbaye de Sept Fons.

"Cet ailleurs va éclairer toute sa vie. Pendant dix ans et jusqu’à sa mort, il se situe "ailleurs" pour être "avec".

Ailleurs
, en faisant 30 000 Km à pied et en traversant de multiples pays ;
ailleurs
, en partageant l’existence de ceux dont la société n’a pas voulu ou qui n'ont pas pu ou su s'intégrer ;
ailleurs
, en se faisant solidaire de ceux qui sont en cellule et croupissent au fond d’une prison ;
ailleurs
, en étant l’ami de ceux qui changent de milieu, de conviction, de sentiments, et, que ceux qui étaient leurs proches rejettent ;
ailleurs
, aux côtés des filles de la rue, des vieillards diminués et des mauvais garçons de l’hospice ;
ailleurs
, là où nul ne veut aller mais où le Christ attend chacun ;
ailleurs
, où Benoît trouva la joie ;
ailleurs
, où il acquit la paix ;
ailleurs
, où il se fit disciple de Jésus et où nous sommes toujours sûrs de le trouver…

Il a habité parmi nous (Jn 1, 14)


Il sait qu’il n’a plus à définir un mode d’existence religieuse mais à accepter d'être relié en parcourant avec ceux qui s’y trouvent, ceux qui s’y sont perdus, ceux que l’on y a rejetés ou oubliés, ceux et celles qui l’y rejoindront, les sinuosités des déserts que découvre la  "
difficulté d'être" , pour citer Jean Cocteau.

C'est ainsi que les frères ou les soeurs de St Benoît Labre, en France et ailleurs, portent au plus intime de leur mémoire comme un très précieux héritage, le sens et le partage de l'Exode :

  • frères et soeurs de l'Exode de l'Humanité dont le pas hésite en traversant l'Histoire ;

  • frères et soeurs de l'Exode de ces nombreux hommes et femmes perdus, ou éperdus, dans leur milieu de vie ;

  • frères et soeurs de l'Exode de ces coeurs que leur propre réalité,  confrontée aux tiraillements et aux contradictions de la nature et du temps, déroute, et qui entrent dans le doute.

St Dismas, le bon larron
(Icône arabe) 1775- anonyme

Il marche aux côtés de ceux qui se traînent.
Il accompagne ceux qui se croient perdus ou ne savent plus quelle direction emprunter.
A leurs côtés, il scrute la voûte étoilée des nuits froides du cœur de ces temps glacés de la vie où tout n’est plus qu’ombre et isolement....
Pour eux, il cherche ce scintillement qui rassure et redonne courage. Il est vraiment de tous les déserts, et silencieux comme eux, il se tait… il «
 garde le silence »... (3)

"... Chaque fois que vous entendrez cette cloche, souvenez-vous que vous n'êtes pas maître de l'heure suivante... "(Parole de Benoît-Joseph, témoignage d'un habitant de Bari au Père Desnoyers) (1)



"Un des aspects de la spiritualité labrienne réside dans le
sens du silence, sans absence... être avec chacun, sans être inclus par tous. Etre attention, en évitant agitation et confusion... cette paix dynamique que nous donne le Christ, et qui n'est pas la paix tranquille que nous propose le monde..." (2)

La sérénité d'un temps à conquérir et dont nul n'est jamais certain de pouvoir disposer.



Le Christ nous dit : "Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne chaque jour sa croix et qu'il me suive !" (Lc 9, 23). Il a fallu à Benoît-Joseph devenir malade d'impuissance et, non seulement accepter, mais désirer être à jamais démuni, pour comprendre ce que cette invitation avait d'inattendu dans son exigence, et de glorieuse dans son accomplissement...(1)

Comme Saint Dismas, le "bon larron", l'espérance de Benoît se tourne et se tend vers le Seigneur humilié à qui de toute sa foi, il crie, du plus profond de son silence : "Jésus, souviens-toi de moi dans ton Royaume
" .
(Luc 23, 42)

"Qui mieux que St Benoît Labre... a vécu l'intime expérience de la dépossession de l'idée qu'il se faisait de son idéal ? Nécessaire conversion à laquelle nul ne devrait échapper...  Bienheureuse vulnérabilité "...

***
"Mais le sommet de la spiritualité labrienne est l'
adoration, ... Saint Benoît Joseph se laissa absorber par LA Présence, l'intégra au point qu'Eucharistie et prochain ne soient plus qu'un..." (2)

 

Le "Saint des Quarante Heures",  celui dont le pèlerinage extérieur ne donne qu'une vague idée de l'immensité, comme de l'intensité de la rencontre intérieure, finit par se fixer à Rome...
Benoît-Joseph usa ses genoux sur la pierre des églises, suspendu entre la nature de la glaise et le
Mystère de l'Hostie. Il est épris !

Compassion pour les hommes, passion pour Dieu....
De l'Office de Dieu à l'office du pauvre ; de la louange à la plainte ; de l'âme apaisée au coeur déchiré, c'est toujours la même inspiration , le
Grand Oeuvre qui change nos coeurs de pierre en coeurs de chair.(2)

***




(1) "Homo Viator" - Saint Benoît Labre et la vulnérabilité - Hors Série Pâques 2001
(2) "Homo Viator" - Petit essai de spiritualité labrienne  - Hors Série Décembre 1998
(3) "Homo Viator"  - Un frère dans nos déserts - Hors Série Noël 2001
(4) "Homo Viator" - Biographie "Le mendiant étincelant" - Hors Série Août 2002

"Ô mon bien-aimé, j'ai pensé à vous cette nuit où vous m'avez causé de vives peines et où vous avez fait couler mes larmes. Je m'imaginais que mes ingratitudes vous avaient forcé de prêter l'oreille à votre justice et de vous éloigner de moi. Je soupirais et je criais après vous, et je ne rencontrais que ténèbres.

Ne doutez pas, mon Divin Sauveur, que je ne sois tout à vous, puisque vous voyez que le premier mouvement de mon coeur est de me persuader que vous m'aimez encore aujourd'hui et que vous n'êtes pas aussi loin de moi que je me le figurais par une vaine terreur".


 Benoît-Joseph Labre


Retourner au contenu | Retourner au menu